Carnet de Voyage
Spitalul Clinic Colțea
Première halte du matin sur la Calea Victoriei : le pavillon néoclassique de l'hôpital Colțea, reconnaissable à son dôme ardoisé et ses ailes aux colonnes corinthiennes flanquées de griffons dorés. Fondé au XVIIIe siècle, c'est l'un des plus anciens établissements hospitaliers de Roumanie — une curiosité architecturale dissimulée derrière une grille en fonte rouillée et des cyprès centenaires.
Cloche historique · Porche à arcades de marbre
Martyrs Brâncoveanu · Fresques de la coupole · Clocheton à mosaïques
L'église Saint-Georges-le-Nouveau (1707) abrite les reliques du prince martyr Constantin Brâncoveanu, exécuté avec ses quatre fils par les Ottomans en 1714. Sa grande cloche de bronze — exposée dans le jardin sur une armature en bois — porte des inscriptions en grec et date du XVIIIe siècle. Le porche à colonnettes torsadées de marbre blanc, les mosaïques dorées représentant les saints martyrs Brâncoveanu et les fresques intérieures d'une richesse vertigineuse en font un chef-d'œuvre du baroque brâncovenesc.
Tunnel aux bas-reliefs
Le Pasajul Latin est un passage souterrain inattendu : ses murs sont tapissés de reproductions de bas-reliefs de la Colonne de Trajan, rappelant les racines daco-romaines de la Roumanie.
Hanul lui Manuc
L'une des auberges les plus anciennes de Bucarest (1808), fondée par le négociant arménien Manuc Bei. Son porche en arc de cercle, ses balcons en bois sculpté et sa cour intérieure ombragée accueillent aujourd'hui un restaurant. C'est ici que fut signé en 1812 le Traité de Bucarest, mettant fin à la guerre russo-turque. Le nom s'étale en lettres de fer forgé au-dessus du grand portail noir : difficile de passer sans s'arrêter.
Banca Națională a României · Pasajul Macca-Villacrosse
Sur la Calea Victoriei, la Banque Nationale de Roumanie déploie sa façade néoclassique imposante, avec ses colonnes corinthiennes et son dôme cuivré. À quelques pas, le Pasajul Macca-Villacrosse — déjà aperçu le premier soir — méritait une visite de jour. Sous sa verrière en forme de Y teintée de dorée, des cafés et restaurants occupent les deux galeries qui fusionnent. Une atmosphère de Bruxelles ou de Milan, en plein cœur du vieux Bucarest.
Biserica Zlatari · Sf. Spiridon Vechi · Muzeul de Istorie · Bloc Adriatica-Trieste
Casa de Economii și Consemnațiuni (Palais CEC) — de jour
La Calea Victoriei est un musée à ciel ouvert. En quelques centaines de mètres se succèdent l'église Zlatari avec ses coupoles noires et ses briques rouges, le Musée National d'Histoire installé dans l'ancien Palais des Postes (architecte Al. Săvulescu, 1900), l'immeuble Adriatica-Trieste et sa rotonde colonnade au sommet, et l'église Saint-Spiridon-le-Vieux, joyau néo-romano-byzantin aux arcs bicolores. Le Palais CEC — déjà admiré de nuit le jour 1 — révèle de jour la plénitude de son dôme vitré et la richesse de sa façade sculptée.
Piața Constituției — Palais du Parlement
Le Palais du Parlement — ancienne Maison du Peuple de Ceaușescu — est le deuxième plus grand bâtiment administratif du monde après le Pentagone. Sa façade de 270 mètres écrase la Piața Constituției, immense esplanade déserte où les passants semblent minuscules. Commencé en 1984 et jamais totalement achevé, il est le symbole le plus ambigu de Bucarest : témoignage de la mégalomanie d'un régime qui a rasé un quartier entier pour l'ériger, et aujourd'hui siège d'un parlement démocratique.
Caru cu Bere
Fondée en 1879, le Caru cu Bere est la brasserie la plus célèbre de Roumanie. Son intérieur néo-gothique — vitraux polychromes, boiseries sculptées, galeries à arcades — est classé monument historique. Nous y faisons une pause méritée : un cocktail fruité dans des verres taillés, servi sur un bar en marbre noir, dans une salle qui n'a pas changé depuis la Belle Époque. Le genre d'endroit où on commande instinctivement quelque chose, juste pour avoir le droit de s'y attarder.
Arena Națională — Mathematics Tour · Ed Sheeran
Le soir, tout Bucarest converge vers l'Arena Națională pour le concert d'Ed Sheeran, dans le cadre du Mathematics Tour. La scène centrale, les médiators géants, les tours de lumières rouges et les écrans circulaires envahissent l'espace d'un stade de 55 000 places. Une façon inattendue de finir une journée à Bucarest.
Carte du jour







